dimanche 25 mars 2012

Cameron, premier homme depuis 50 ans au plus profond du Pacifique

Le réalisateur canadien de Titanic, James Cameron, est devenu le premier homme depuis 50 ans à toucher le fond, en solo, du site le plus profond connu de la croûte terrestre dans la fosse des Mariannes (océan Pacifique), par 10 km de fond, où il a plongé à bord d'un mini sous-marin.

Le réalisateur d'Avatar et de The Abyss est «la première personne au monde à avoir jamais touché le fond, seul, du site le plus profond de la croûte terrestre à un record de 10 898 m, le lundi 26 mars à 7h52 heure locale, a annoncé le National Geographic qui pilote l'expédition Deepsea Challenge.

Le 23 janvier 1960, deux personnes - le lieutenant de la Navy américaine Don Walsh et l'océanographe suisse Jacques Piccard - avaient plongé à partir du bateau militaire américain Trieste, et atteint la croûte terrestre mais n'avaient pu rester que 20 minutes dans un univers obscurci par la vase.

Cameron avait commencé sa descente vers 5h15 heure locale, prévue pour durer quelque 90 mn, lancant à l'équipe avant de plonger : «Lâchez tout!» («release, release, release»).

Le réalisateur, explorateur en résidence pour le groupe, a entrepris l'expédition «pour mieux connaître et comprendre cette partie largement inconnue de la planète», selon le National Geographic.

Le réalisateur âgé de 57 ans, qui a 72 plongées à son actif dont douze pour tourner Titanic, a plongé seul à bord d'un mini sous-marin de huit mètres de long, le Deepsea Challenger. L'appareil, qui a nécessité huit années de recherches, est équipé de technologies très élaborées et est capable de résister à des pressions énormes.

James Cameron, coincé dans un cockpit aussi «étroit qu'une capsule Apollo», selon le National Geographic, devrait rester six heures sur le fond marin, à quelque 320 kilomètres au sud-est de l'île américaine de Guam, pendant lesquelles il filmera en 3-D grâce à de puissants projecteurs et ramassera des spécimens qui pourront être étudiés en biologie marine, astrobiologie, géologie marine ou géophysique.

Avant la plongée elle-même, l'équipe a lancé au fond un sonar ressemblant à une petite cabine téléphonique que le sous-marin va approcher, pour commencer à filmer les animaux attirés par le son, avait auparavant expliqué Cameron au National Geographic.

Le sous-marin doit suivre ensuite un parcours destiné à explorer le plus grand nombre d'environnements possibles, les sédiments de la croûte terrestre mais également les roches environnantes, riches d'enseignements pour les géologues.

Cameron qui devrait pouvoir communiquer sporadiquement avec son équipe, par SMS et brèves conversations, était confiant avant la plongée. «J'ai bien été instruit sur ce à quoi je dois m'attendre», avait indiqué le réalisateur, qui a alterné yoga et jogging chaque jour pour parfaire sa forme physique.

Dans un petit film en ligne, National Geographic expliquait comment lors de la descente, Cameron devait traverser différents paliers, celui d'abord où vit 90% de la faune marine puis celui des derniers rais de lumière ou de la dernière zone connue habitée par un poisson filmé.

L'expédition fera l'objet d'un documentaire en 3-D diffusé en salles et sur la chaîne de télévision de la National Geographic, publié dans le magazine et servant de base à des programmes éducatifs.

La fosse des Mariannes, sorte de longue cicatrice de 2550 km de long dans l'océan Pacifique, atteint les 11,2 km de fond au point Challenger Deep, une profondeur où pourrait être englouti le mont Everest (8 850 m). Il s'agit de l'endroit le plus hostile du globe, plongé dans une obscurité permanente.

Fabienne Faur

Agence France-Presse
Washington

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